La moitié des sites d’agence française affichent des repères de coût issus d’études américaines. L’écart avec la réalité du marché français va de trois à cinq fois. Quand on construit un budget là-dessus, on se trompe d’un facteur qui change tout.
L’écart entre les deux marchés
Les baromètres américains les plus cités donnent un coût au clic moyen de l’ordre de 5 dollars tous secteurs confondus sur la recherche Google. Les relevés faits sur des comptes français donnent un coût au clic médian nettement inférieur sur la recherche, et un coût par contact qui se compte le plus souvent en dizaines d’euros et non en centaines.
Reprendre un repère américain pour bâtir un budget normand conduit à deux erreurs opposées et également coûteuses : soit on renonce à un canal en le croyant hors de portée, soit on promet à un client un coût par contact qu’on n’atteindra jamais.
Un repère qui ne vient pas de votre marché et de votre secteur n’est pas un repère, c’est une décoration.
Les fourchettes par secteur, sur la recherche
Ces fourchettes correspondent à un ciblage local sur l’agglomération. Le clic est structurellement moins cher en région qu’à Paris, de l’ordre d’un tiers en moins sur les métiers de service.
| Secteur | Coût au clic | Taux de conversion observé | Budget plancher |
|---|---|---|---|
| Commerce et retail local | 0,50 à 1,50 € | 4 à 8 % | 600 à 900 € |
| Restauration | 0,60 à 1,80 € | 6 à 8 % | 600 à 900 € |
| Hôtellerie et hébergement | 1 à 2,50 € | 3 à 6 % | 800 à 1 400 € |
| Santé et bien-être | 1,20 à 2,50 € | 6 à 9 % | 700 à 1 100 € |
| Formation | 2 à 4 € | 8 à 11 % | 800 à 1 300 € |
| Immobilier | 2 à 4 € | 3 à 4 % | 900 à 1 400 € |
| Services à la personne | 3 à 5 € | 9 à 10 % | 800 à 1 200 € |
| Bâtiment et rénovation | 4 à 7 € | 7 à 8 % | 1 000 à 1 500 € |
| Dépannage et services à domicile | 5 à 9 € | 8 à 10 % | 1 200 à 1 800 € |
| Finance et assurance | 3,50 à 8 € | 2 à 3 % | 1 500 à 2 500 € |
Le calcul du budget plancher, en trois lignes
Le raisonnement tient en une division et une multiplication, et il ne demande aucun outil.
- Divisez le budget mensuel par le coût au clic de votre secteur. Vous obtenez le nombre de clics.
- Multipliez ce nombre par le taux de conversion de votre page d’arrivée. Vous obtenez le nombre de contacts.
- Si le résultat est inférieur à quinze contacts par mois, le budget est trop faible pour que les enchères automatiques apprennent quoi que ce soit.
Exemple dans le bâtiment. 1 200 € de budget, un clic à 6 €, cela fait deux cents clics. À 7,5 % de conversion, cela fait quinze demandes de devis. On est exactement au seuil. À 800 € de budget, on tombe à dix demandes et la campagne reste bloquée en apprentissage.
Pourquoi ce seuil de quinze compte autant
En dessous d’une quinzaine de conversions par mois, les stratégies d’enchères automatiques n’ont pas de quoi identifier un motif. Entre quinze et trente, elles commencent à fonctionner. Au-delà de trente sur trente jours, elles deviennent réellement fiables et les stratégies à objectif de coût peuvent être activées.
Ce seuil n’est pas un interrupteur documenté par la régie, c’est un repère de praticien, et il est contesté par certains. Mais il reste le meilleur critère de qualification d’un prospect : il évite de vendre un service qui ne pourra pas produire de résultat.
Les frais que personne n’annonce
Deux lignes s’ajoutent à votre budget et n’apparaissent jamais dans les devis. Google applique 2 % de frais liés aux réglementations sur la diffusion française. Meta facture de son côté des frais de localisation de 3 %, ajoutés au budget depuis le 1er juillet 2026. Un budget annoncé à 1 000 € par mois vous coûte donc en réalité 1 020 € sur Google et 1 030 € sur Meta, hors TVA.